Les Femmes de St-Octave-De-l'Avenir (1ère partie)

Les Femmes de St-Octave-De-l'Avenir (1ère partie)

Les femmes ont joué un rôle de premier plan dans l'histoire de St-Octave. Elles étaient colorées, drôles, éducatrices, tolérantes, sévères, pincées, bon enfant ou parfois tristes. Il y avait autant de variantes de caractères que de modèles de chapeaux à l'église le dimanche ! Et sur ce point, elles faisaient montre d'un redoutable esprit créatif !

Mariage Fraser - Bernier

Si les hommes occupaient le plus souvent l'avant scène, ce n'était pas toujours eux qui « écrivaient la pièce»! Du moins ils ne l'écrivaient pas seuls. Les femmes ont été en grande partie la pierre d'assise de la communauté.

On peut bien construire des camps dans la forêt, ce n'est que lorsque des femmes s'y installent que l'on peut parler de communauté et d'avenir. Elles sont, en ce sens et au même titre que les hommes, les fondatrices de St-Octave. Leur arrivée fait d'un rêve, une réalité. On se projette dans le temps. On imagine une maison, des enfants, des écoles, une église, des magasins, des fêtes, un village.


Les rôles...

Dans le contexte d'une communauté de bâtisseurs, les rôles et les tâches ne sont pas répartis selon des codes sociaux théoriques. Ils sont tout simplement imposés par la réalité et l'évidence du moment présent. Mais dans le cas qui nous occupe, ils étaient choisis autant qu'imposés.

Si on regarde la vie de ces femmes avec nos critères d'aujourd'hui on pourrait croire qu'elles ont été victimes et martyres de l'époque et qu'elles ont accepté une vie de misère et de résignation.

Rose Levasseur Enseignante

Ce serait une erreur et surtout une insulte envers nos pionnières. Cela voudrait dire qu'elles étaient résignées, soumises et victimes. Ce serait les humilier, dévaloriser leur œuvre, diminuer leur importance et nier le rôle fondamental qu'elles ont tenu dans l'histoire de la communauté.

Elles étaient au contraire courageuses, résolues et fières. Le projet d'avenir qui se réalisait à travers une communauté, elles le voulaient, le protégeaient et y travaillaient encore là, au même titre que les hommes.

Les difficultés étaient connues à l'avance même si on n'en avait pas toujours mesuré l'ampleur. Il faut dire, qu'en pleine crise économique, où la survie se jouait au quotidien et au prix d'un dur labeur, les assiettes vides remplaçaient avantageusement les sessions de motivation... Et dans la distribution des rôles, il n'y avait pas beaucoup de temps libre pour la recherche théorique.

Il est important de comprendre que les relations hommes femmes n'étaient pas basées sur une lutte de pouvoir ou sur un conflit. Ensemble ils avaient entrepris de bâtir un projet et multipliaient les efforts pour y arriver. Et même si cet équilibre n'a pas toujours été maintenu ou atteint par tous, il est un fait sur lequel nous sommes tous d'accord : c'est ensemble que les hommes et les femmes ont fait St-Octave-de-l'Avenir.


Fraternité...

Il y avait sans contredit, une fraternité particulière entre les femmes. Dans les moments de détresse ou de découragement, elles se soutenaient mutuellement et intervenaient à l'occasion et avec discrétion lorsque l'une d'entre elles avait besoin d'aide.

Elles ont aussi vécu cette rencontre extraordinaire qui a fait la différence et créé petit à petit, ce lien si particulier entre les anciens de St-Octave. Il serait exagéré de dire qu'elles s'aimaient toutes. Cela aurait d'ailleurs enlevé de la couleur à la vie. Mais avec leurs différences d'opinions et de caractères, elles formaient un tout cohérent où les destins, les épreuves et les joies ont fini par se rejoindre dans un esprit commun qui a renforcé la communauté.


La famille...

« Leur vie tient de l'héroïsme lorsqu'on réalise que bon nombre d'entre elles étaient enceintes la majeure partie du temps. » Daniel DeShaime

Irène Fraser et ses enfants

Dans le contexte de l'époque, avoir de « grosses familles » était une question de survie, une assurance sur l'avenir. Les enfants représentaient une aide essentielle et la certitude qu'une descendance prendrait la relève. Mais il ne faut pas réduire leur désir d'avoir des enfants à une recherche d'avantages pratiques. C'était aussi, comme de tout temps, un moyen de prolonger leur propre vie et de se projeter dans l'avenir. On le sentait bien dans l'éducation qui leur était donnée et dans l'attention que les gens mettaient à leur transmettre un héritage dont ils seraient fiers.

Mais lorsqu'on songe aux milles occupations des femmes de l'époque, cela semble irréel. En plus des nombreuses tâches domestiques qu'elles accomplissaient ou qu'elles dirigeaient dans les familles nombreuses, elles participaient souvent aux travaux des champs, avaient des activités publiques au sein des différentes associations, veillaient à l'éducation et à l'instruction des enfants.

Leur vie tient de l'héroïsme lorsqu'on réalise que bon nombre d'entre elles étaient enceintes la majeure partie du temps.

Leur participation aux décisions familiales ou communautaires était plus grande qu'elle n'en avait l'air à première vue. Les hommes avaient en général recours aux avis des femmes avant de prendre des décisions importantes. Leur rôle était non seulement assumé et reconnu mais, dans la majorité des cas, apprécié et désiré par les hommes. Cela ne veut pas dire qu'ils s'en vantaient entre hommes, au magasin général...

A suivre...

Daniel DeShaime
Cap-Chat - Juin 2016

St-Octave-de-l'Avenir 1932-1971...

Disponible à la Librairie L'Expression (418-763-5052) et à la Société d'Histoire de la Haute-Gaspésie (418-763-7871) .

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